Le Programme Biogaz: une réponse contre le chômage des jeunes en milieu rural au Sénégal

Sorry, only available in FrenchOumar Sow la trentaine bien sonnée appartient à l’ethnie Peulh dont la principale activité est l’élevage. Mr Sow ancien animateur de World vision habite le village de Hamdalahi Peulh dans la communauté rurale de Ndiognick, département de Birkelane de la région de Kaffrine. Le destin de Mr Sow va changer le jour  où il a été mis au courant de la signature de la convention de partenariat entre World Vision Kaffrine et le Programme National de Biogaz Domestique du Sénégal. Il a tout de suite accepté les conditions d’acquisition de son biodigesteur et se lança dans les activités de fouilles, de collecte de sable et des gravats malgré ses activités champêtres et son engagement vis-à-vis de World Vision. Au mois de Novembre 2010 coïncidant avec la fin des activités agricoles et la récolte de l’arachide, Oumar décide de se  lancer en tant que premier bénéficiaire à tester l’effluent comme fertilisant dans l’exploitation d’un champ de case de 600 m2 équipé d’un puits.

Armé de son courage et d’un esprit de défis sans faille, Oumar se lance dans son aventure avec la ferme volonté de développer des activités maraîchères durant la période de contre-saison (Novembre-Mai 2011).

Ainsi, bénéficiant d’un appui technique et matériel du programme à travers son volet Vulgarisation Agricole géré par Mr Bassirou Sarr, Mr Sow a exploité pour la période d’essai des spéculations comme l’oignon, la tomate et l’aubergine. Après un mois d’utilisation de l’engrais chimique et de l’effluent comme fertilisant, il a renoncé à l’usage des engrais chimiques au profit de l’effluent car selon lui, les blocs fertilisés à l’effluent avaient affiché une meilleure croissance végétative.

A la récolte, les spéculations ont donné les résultats suivants : 207 000 FCFA Pour l’oignon, 60 000 F CFA pour la tomate  et 100 000F pour l’aubergine soit un chiffre d’affaires : 357 000 F CFA pour un total de charge de 52 835 F CFA soit un bénéfice net de 304 165 F CFA.

Ce montant aussi symbolique soit-il, dépasse largement ses attentes, d’autant qu’il dépasse son  chiffre d’affaires réalisé avec les cultures hivernales telles que l’arachide qui est par exemple une marge bénéficiaire témoin de 119 000 F CFA soit un taux de bénéfices réalisés de 467,9F/ m2 pour le maraîchage  et 11,9F/m2 pour l’arachide voire un écart de 456, 04 FCFA en faveur du maraîchage. Ainsi on note une marge bénéficiaire des sites de démonstration nettement supérieure à celle de l’arachide qui est la principale culture de rente de la zone.

En plus, ces activités ont été menées en saison sèche et ne concurrencent pas la culture de l’arachide. Elles viennent ainsi augmenter le revenu des ménages et apporter une réponse durable à l’exode des jeunes vers les centres urbains.

En effet, pour quelqu’un qui n’avait aucun revenu en saison sèche hormis ses activités d’élevage, Mr Sow a décidé d’utiliser le compost issu de l’effluent dans les cultures hivernales et l’effluent liquide dans ses cultures maraîchères. Sa femme utilise le biogaz pour sa cuisson et sa maison est éclairée par une lampe à gaz installée par le programme. Ce cas suscitant une grande curiosité et un grand intérêt commence à faire tâche d’huile dans la zone du bassin arachidier et sera dans les années à venir un effet déclencheur pour  l’émergence d’un esprit d’entrepreneuriat rural seule solution  durable contre le chômage des jeunes au Sénégal grâce au Programme National de Domestique du Sénégal.